C’était ce jeudi 28 avril à Kinshasa au cours d’un déjeuner de presse organisé par le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR) autour de la mise en œuvre du Protocole de Maputo en République démocratique du Congo, avec un thème évocateur : « Santé sexuelle et reproductive, droits des femmes et droits humains ».
« Nous condamnons ces actes [de mariages précoces]. Mais que font les magistrats dans ces coins du pays ? Il importe qu’on relève ceux qui ne font pas correctement leur travail. Il faut que des magistrats se réveillent et jouent pleinement leur rôle », a martelé ce membre du gouvernement qui dénonce une « démission » des autorités judiciaires face à cette pire forme d’esclavage.
Un documentaire d’un média international a choqué le monde dernièrement, montrant des filles de 12 à 14 ans données systématiquement en mariage aux vieux hommes dans un village au Kasaï, au nom de la coutume.
La pauvreté de leurs parents qui se débarrassent de leurs filles qu’ils considèrent comme un fardeau contribue également à perpétuer ces pratiques néfastes contre la loi congolaise qui condamne tout acte sexuel sur des mineurs, encore moins leurs mariages.
Selon l’enquête MICS 2017-2018, 29,1% des femmes de 20-24 ans se sont déjà mariées avant l’âge de 18 ans en République démocratique du Congo. Ce taux atteint 40,1% en milieu rural avec plus de 50% dans plusieurs provinces : Tanganyika (60,4%), Kasaï (54,3%), etc.
Cette précocité des mariages a une incidence directe sur l’entrée en vie féconde. En effet, 24,5% des femmes de 20-24 ans ont eu une naissance vivante avant l’âge de 18 ans, (17,9 % en milieu urbain contre 32,1% en milieu urbain). Une dizaine de provinces dépasse les 30%. Les provinces du Tanganyika (52,0%), Bas Uele (38,9%), Nord Ubangi (37,0%), Ituri (36,5%), Kasaï (36,1 %), Kasaï Oriental (35,7%) viennent en tête pour cet indicateur de précocité des grossesses.
Socrate Nsimba /digitalcongo.net
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