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SOCIÉTÉ

L'actualité sociale de la semaine en RDC

Chargée de vérifier la mise en œuvre par Kinshasa des recommandations faites par la première équipe d’experts internationaux, la présente mission en a appelé en Suisse à la réconciliation et au renforcement de la justice  en RDC

 Avec la diminution des violences au Kasaï, l’arrivée de nouvelles autorités provinciales et la nomination d’un nouveau premier ministre, les conditions sont réunies pour engager la lutte contre l’impunité et envisager la réconciliation des communautés. Mais encore faut-il que les autorités agissent sans tarder « , ont déclaré Bacre Waly Ndiaye et Mme Sheila B. Keetharuth à l’occasion de la présentation de leur rapport final sur la situation au Kasaï devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, en Suisse le mardi 9 juillet 2019.

En effet, la mission de l’équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï est unique, car à la différence d’une mission d’enquête habituelle, celle-ci vise surtout à vérifier la mise en œuvre par le gouvernement congolais des recommandations du rapport de la première équipe d’experts internationaux sur le Kasaï, publié en juillet 2018.

Dans le nouveau rapport présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à la suite de huit mois de présence au Kasaï et de trois visites d’experts effectuées en RDC depuis novembre 2018, les deux experts disent avoir constaté une volonté de la part des autorités congolaises, y compris celles récemment élues, de punir les crimes graves commis au Kasaï entre 2016 et 2017, ainsi que de créer les conditions nécessaires à une réconciliation des communautés.

Les experts soulignent aussi dans leur rapport que l’objectif du retour à une paix définitive dans cette région, l’une des plus pauvres de la République démocratique du Congo, exigera des efforts importants de la part des acteurs concernés. Mais ces efforts resteront vains en l’absence d’une politique de développement économique et social en faveur du Kasaï, région enclavée qui souffre d’un déficit chronique en infrastructures.

La volonté de nouvelles autorités saluée

Sur le plan de la lutte contre l’impunité notamment, les enquêtes en cours sur les violences commises au Kasaï entre 2016 et 2017 n’ont pas encore débouché sur un verdict. Par ailleurs, le phénomène de réduction en esclavage de femmes et d’enfants par les miliciens Bana Mura dans le territoire de Kamonia perdure.

 » Il est important que le gouvernement réactive sans tarder le processus de réconciliation entamé en septembre 2017 en l’accompagnant de propositions concrètes en termes d’investissements en vue de redynamiser l’économie dans la région du Kasaï « , notent les experts.  » Bien qu’il y ait encore des obstacles à surmonter, il est toujours possible de sortir le Kasaï de la crise, d’avancer vers la justice et la résolution inclusive des conflits et le progrès », a encore déclaré  Bacre Waly Ndiaye, président de l’équipe d’experts.

A cet égard, les experts notent avec satisfaction que les nouvelles autorités congolaises sont disposées à faire leur part de travail pour renforcer la lutte contre l’impunité et favoriser la réconciliation des communautés dans le Kasaï. La communauté internationale devra aussi continuer à jouer son rôle d’accompagnateur en vue de soutenir les efforts combinés du gouvernement congolais et des populations concernées.

Mention spéciale au travail des experts onusiens

Bacre Waly Ndiaye, originaire du Sénégal, a occupé plusieurs fonctions de directeur au HDCH à Genève et à New York, de 1998 à 2014. De 1992 à 1998, il était rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, participant à des missions en ex-Yougoslavie (1992), notamment à la Commission d’enquête internationale sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité au Rwanda (1993 et 1994), en Papouasie-Nouvelle-Guinée (1995) et d’autres régions du monde.

Ndiaye a été membre du Conseil de l’Ordre des avocats du Sénégal de 1982 à 1998, occupant le poste de Secrétaire général pendant huit ans (1983-1991). En 1995, il a été nommé commissaire à la Commission de vérité et de justice en Haïti.

Quant à Mme Sheila B. Keetharuth, originaire de Maurice. Elle a été la première rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en Érythrée, fonction qu’elle a assumée d’octobre 2012 à octobre 2018. De 2014 à 2016, elle a également été membre de la Commission d’enquête sur les droits de l’homme en Érythrée. Jusqu’au 30 juin 2012, Mme Keetharuth était directrice exécutive de l’Institut pour les droits de l’homme et le développement en Afrique (IHRDA), une ONG panafricaine basée à Banjul, en Gambie.

En juillet 2002, elle a rejoint Amnesty International, tout d’abord en tant que chercheure et ensuite comme cheffe de bureau intérimaire au bureau régional pour l’Afrique à Kampala, en Ouganda.
Mme Keetharuth a été auparavant journaliste pendant plus de huit ans.

Par GKM /Tempête info

 

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