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AFRIQUE

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Quarante-quatre musulmans rwandais accusés de “terrorisme” et arrêtés après que la police eût abattu début 2016 un religieux musulman soupçonné de recruter pour le groupe Etat islamique, ont comparu mercredi devant la Haute cour de Kigali, a constaté une journaliste de l’AFP.

La justice rwandaise n’a pas publié d’acte d’accusation pour ces 44 hommes et femmes, parmi lesquels figurent quelques mineurs. Augustin Kabeya, un de leurs avocats, a indiqué à l’AFP que si les charges diffèrent d’un accusé à l’autre, elles sont toutes “liées au terrorisme”.

A ce jour, aucune attaque terroriste jihadiste n’a été recensée sur le territoire rwandais, mais les autorités avaient assuré en janvier 2016, sans en apporter la preuve, avoir détecté “la formation de réseaux terroristes”, et plusieurs interpellations avaient suivi.

Ces accusations avaient fait suite à la mort en janvier 2016 d’un religieux musulman soupçonné de recruter des jeunes pour rejoindre le groupe Etat islamique en Syrie et abattu, selon les autorités, alors qu’il tentait de s’échapper après son arrestation.

Mercredi, lors d’une des rares audiences publiques depuis le début de cette affaire sensible, les juges ont décidé de repousser l’ouverture du procès au 4 avril, après l’avoir déjà reportée précédemment, la défense demandant plus de temps pour prendre connaissance du dossier d’accusation.

Selon l’avocate Delphine Uwanyiligira, les cinq prévenus qu’elle représente sont accusés d’avoir “constitué une association de malfaiteurs”, de “haute trahison”, de “terrorisme” et de “formation d’un groupe armé illégal”.

Me Kabeya a lui assuré que son client est accusé d’avoir “participé à la conception et la mise en place d’un groupe terroriste” tandis qu’un autre avocat, sous couvert de l’anonymat, soutient qu’il est reproché à certains accusés d’avoir tenté de mener des entraînements militaires dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine.

Une quatrième avocate, Antoinette Mukamusoni, a indiqué que sa cliente et 16 autres personnes sont accusées d’avoir “formé un groupe de malfaiteurs pour attaquer le Rwanda” car ils étaient en désaccord avec l’interdiction du niqab par le gouvernement.

Plusieurs accusés avaient dénoncé lors d’une précédente audience les conditions de leur arrestation, assurant avoir été arrêtés et détenus au secret parfois plusieurs mois avant la date officielle de leur arrestation.

En août 2016 trois Rwandais également soupçonnés de mener une campagne de recrutement de jihadistes ont été abattus par la police dans le sud-ouest du pays. Un quatrième homme décrit comme un “terroriste” présumé avait été tué la veille par les forces de l’ordre lors d’une fusillade, selon la police.

Les événements avait choqué la paisible communauté musulmane du Rwanda. A majorité sunnite, elle ne représente que 2% de la population rwandaise, loin derrière les catholiques (43,7%) et les protestants (37,7%).

 Avec AFP

 

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