Le président américain sortant Donald Trump et les procureurs généraux de 17 États ont exprimé leur appui, mercredi, à une requête présentée devant la Cour suprême des États-Unis par le Texas, qui cherche à retarder le vote des grands électeurs de quatre États clés remportés par Joe Biden.
Après avoir encaissé une cinquantaine de revers judiciaires, Donald Trump et ses alliés misent sur une poursuite annoncée mardi par le procureur général du Texas, Ken Paxton, pour renverser l'élection.
Contestant la légalité du vote postal au Michigan, au Wisconsin, en Pennsylvanie et en Georgie, M. Paxton avance que le vote des grands électeurs de ces États, prévu le 14 décembre, ne peut pas avoir lieu avant que les assemblées législatives de ces États aient enquêté sur ce qu'il présente comme des irrégularités. Plusieurs États, et pas uniquement ceux-là, ont mis en place ou étendu le vote par correspondance dans la foulée de la pandémie.
Refusant de reconnaître sa défaite depuis que son rival démocrate a été déclaré vainqueur, il y a un peu plus d'un mois, le président sortant a ainsi présenté une motion demandant au plus haut tribunal du pays de le laisser se joindre au recours.
Plusieurs experts en matière de loi électorale ont estimé que la démarche avait peu de chances de succès, soulignant des fondements juridiques déficients.
Mardi, le plus haut tribunal américain a déjà rejeté un recours républicain visant à invalider la victoire de Joe Biden en Pennsylvanie, première requête à se rendre jusqu'en Cour suprême.
C'est celui qui compte. Notre pays a besoin d'une victoire!
, a écrit Donald Trump sur Twitter à propos de la requête venant du Texas. Dans un communiqué, sa campagne a indiqué qu'il intervenait en tant que candidat à sa réélection
et non comme président.
Le New York Times a par ailleurs rapporté que ce dernier avait demandé au sénateur du Texas Ted Cruz de plaider la cause devant la Cour suprême si celle-ci acceptait de l'examiner.
Dans un mémoire distinct, les procureurs généraux de l'Alabama, de l'Arkansas, de la Caroline du Sud, du Dakota du Nord, du Dakota du Sud, de la Floride, de l'Indiana, du Kansas, de la Louisiane, du Mississippi, du Missouri, du Montana, du Nebraska, de l'Oklahoma, du Tennessee, de l'Utah et de la Virginie-Occidentale ont demandé à la Cour d'entendre la cause.
Seuls huit des 25 procureurs généraux républicains du pays ne se sont pas joints à la requête de Ken Paxton, qui a brandi une érosion de la confiance dans le système démocratique
.
Leurs homologues des quatre États, trois démocrates et un républicain, ont rabroué l'initiateur de la démarche.
La procureure générale du Michigan, Dana Nassel, a dénoncé une opération de relations publiques
. Les actions de M. Paxton sont contraires à la dignité du bureau du procureur général et des habitants du grand État du Texas
, a-t-elle déploré.
L'érosion de la confiance dans notre système démocratique n'est pas attribuable au peuple du Michigan, du Wisconsin, de la Georgie ou de la Pennsylvanie, mais plutôt à des responsables partisans, comme M. Paxton, qui placent la loyauté envers une personne avant la loyauté envers leur pays
, a-t-elle ajouté.
Les autorités des États visés n'ont pas relevé d'irrégularités de nature à renverser l'élection, et les juges – des démocrates, mais aussi des républicains – ont débouté à répétition le président Trump et ses alliés.
En plus de mener des batailles sur le terrain judiciaire, ceux-ci ont exercé des pressions sur les élus républicains des assemblées législatives ou sur les gouverneurs, par exemple au Michigan, pour qu'ils ignorent le vote populaire.
C'est toutefois en Georgie, où le gouverneur Brian Kemp et le secrétaire d'État Brad Raffensperger sont républicains, que le conflit au sein du clan républicain a été le plus évident. Bouc émissaire de sa famille politique, M. Raffensperger a fait l'objet de critiques et de menaces pour avoir certifié les résultats de son État, à l'issue de deux recomptages.
Tous les États ont certifié leurs résultats
Les quatre États visés par la poursuite représentent 62 grands électeurs. Joe Biden totalise 306 grands électeurs, bien plus que les 270 qu'il lui fallait pour remporter l'élection présidentielle, contre 232 pour Donald Trump.
Tous les États ont désormais certifié leurs résultats électoraux.
Les avocats pro-Trump ont publiquement multiplié les allégations conspirationnistes et agité le spectre d'un vaste stratagème impliquant entre autres les démocrates, l'entreprise Dominion Voting Systems, dont le logiciel de vote électronique a été utilisé dans certains États, ainsi que la Chine, Cuba, le Venezuela et même des juges.
La semaine dernière, le procureur général des États-Unis, Bill Barr, un des alliés les plus loyaux du président américain, a indiqué au cours d'une entrevue à l'Associated Press que son département n'avait pas découvert de preuve de fraude électorale généralisée susceptible de modifier les résultats de la dernière élection présidentielle.
Quelques semaines plus tôt, les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales ont publié un communiqué commun garantissant l'intégrité et la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire.
Le directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA), Chris Krebs, joueur clé de l'appareil fédéral pour la sécurité électorale et l'un des signataires, a d'ailleurs été congédié pour cette raison.
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