Les États-Unis ont mis en application lundi une sanction d'une sévérité inédite contre la banque centrale russe, qu'ils entendent réduire à l'impuissance en réponse à l'invasion de l'Ukraine.
Washington a interdit avec effet immédiat toute transaction avec l'institution monétaire russe, a annoncé le département du Trésor avant l'ouverture des marchés américains.
« Cette décision a pour effet d'immobiliser tous les actifs que la banque centrale de Russie détient aux États-Unis, ou qui seraient détenus où que ce soit par des personnes américaines. »
Dans les faits, cette décision, en lien avec des sanctions similaires prises par de nombreux alliés des États-Unis, va limiter très fortement la capacité de Moscou à utiliser ses abondantes réserves de devises pour acheter du rouble.
Ces opérations de défense de la devise russe, qui s'effondre déjà, ne seront plus possibles et la "forteresse Russie" se retrouve sans défense
, a commenté un haut responsable de l'administration américaine lors d'une conférence téléphonique.
Il a estimé que ces sanctions coordonnées allaient enclencher un cercle vicieux
pour l'économie russe.
« L'inflation va très certainement flamber, le pouvoir d'achat va s'effondrer, les investissements vont s'effondrer. [...] Notre objectif est d'assurer que l'économie russe reculera tant que le président Poutine décidera d'avancer dans l'invasion de l'Ukraine. »
Les États-Unis ont également mis en œuvre lundi des sanctions contre le Russian Direct Investment Fund, une institution financière publique utilisée par la Russie en particulier pour lever des fonds à l'étranger, et dirigée par un proche du président russe, Kirill Dmitriev.
Ce fonds et sa direction sont des symboles de la profonde corruption en Russie et de ses trafics d'influence
à l'étranger, a estimé la source citée plus haut.
La Suisse reprend intégralement
les sanctions européennes
La Suisse va reprendre l'intégralité
des sanctions économiques de l'Union européenne, y compris contre le président Vladimir Poutine, et le gel des avoirs, a annoncé lundi le président de la Confédération helvétique Ignazio Cassis.
Il s'agit d'une mesure de grande ampleur par la Suisse
, a dit le président lors d'un point de presse, ajoutant que le Conseil fédéral fait ce pas avec conviction, de manière réfléchie et sans équivoque
.
À Londres, un porte-parole du premier ministre britannique Boris Johnson a indiqué lundi que les sanctions imposées en rétorsion de l'invasion en Ukraine visaient à faire tomber le régime de Poutine
.
Interrogé sur ces propos, il a ensuite semblé faire marche arrière : Nous ne cherchons rien en termes de changement de régime. Ce dont il est clairement question ici, c'est de la manière dont nous arrêtons la Russie
.
Le rouble s'effondre, la Bourse de Moscou fermée
Le rouble a battu lundi des records historiques de faiblesse face au dollar et à l'euro, du fait des sanctions imposées en raison de l'invasion russe de l'Ukraine, si bien que la Bourse de Moscou a maintenu ses portes closes.
À la mi-journée, le dollar s'échangeait à 100 roubles, contre 83,5 au dernier taux officiel mercredi. L'euro valait 109,4 roubles, contre 93,5 à la veille de l'invasion russe de l'Ukraine. Un plafond est en outre fixé à intervalle régulier pour arrêter les échanges et ralentir ainsi la chute de la monnaie russe.
Pour défendre l'économie et la monnaie nationale face aux sanctions occidentales, la Banque centrale de Russie a porté son taux directeur de 9,5 % à 20 % lundi matin.
Face à cette situation, elle a également décidé de ne pas ouvrir la Bourse de Moscou lundi, de peur de voir les titres russes s'effondrer comme c'est le cas ailleurs dans le monde.
« Les mesures de restrictions prises par la banque centrale, le ministère des Finances et la Bourse réduisent la volatilité. L'incertitude est énorme et la Banque centrale agit avec raison. »
Dans les rues de Moscou et de Saint-Pétersbourg, les Russes étaient inquiets pour leurs économies. S'il n'y a pas eu de ruée vers les banques, de nombreux citoyens sont tout de même allés retirer leurs économies.
Je savais qu'il y aurait de la foule. Je veux retirer du liquide, garder ça à la maison est plus sûr, on ne sait absolument pas ce qui va se passer
, dit Svetlana Paramonova, 58 ans, qui habite à Saint-Pétersbourg.
M. Vedev confirme : la configuration du système financier russe va être complètement différente de celle d'avant les sanctions. Que sera-t-elle? Ce sera clair plus tard
.
Le Kremlin a indiqué que le président russe Vladimir Poutine travaillait lundi sur la réponse économique à apporter aux lourdes
sanctions occidentales imposées à la Russie après l'invasion de l'Ukraine.
Radio Canada
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