Le Royaume-Uni a annoncé lundi 2 septembre suspendre une partie de ses exportations d’armes vers Israël. C’est la conséquence d’une consultation gouvernementale sur l’utilisation faite de ces armes par l’État hébreu. La suspension ne concerne qu’un dixième des ventes britanniques, mais la décision relève d’un fort symbole, Londres étant un des alliés les plus affirmés d'Israël, ayant même été au cœur de sa création.
Selon le gouvernement britannique, il existe un « risque clair » qu’Israël viole le droit humanitaire avec des armes vendues par Londres, notamment dans son traitement des détenus palestiniens et sa gestion de l’acheminement de l’aide à Gaza, rapporte notre correspondante à Londres, Emeline Vin. Le chef de la diplomatie, David Lammy, souligne qu’il ne s’agit pas d'un embargo, réclamé depuis le début du conflit par une partie de la classe politique et des électeurs travaillistes. Il a ajouté que cela ne concernait pas des éléments de l'avion de combat F-35.
Le ministre de la Défense israélien Yoav Gallant a réagit et s'est dit « déçu » lundi par l'annonce de la suspension partielle par Londres des exportations d'armes à Israël. « Je suis profondément déçu d'apprendre les sanctions imposées par le gouvernement britannique sur les licences d'exportation » d'armes, a déclaré Yoav Gallant sur X (anciennement Twitter).
Première prise de distance envers Israël depuis le 7 octobre
Face à ces appels, le gouvernement précédent avait lancé une « consultation » il y a deux mois pour s’assurer que Londres ne se rendait pas complice de crimes de guerre. C’est la première prise de distance envers l’État hébreu depuis les attentats terroristes 7 octobre, perpétrés par le Hamas. Et cela même si le ministre britannique des Affaires étrangères réaffirme son soutien à Israël.
L’annonce de la suspension de certaines licences, accordées à des entreprises britanniques, intervient le jour de la rentrée parlementaire, mais surtout à quelques semaines du congrès du parti travailliste au pouvoir.
Le Premier ministre Keir Starmer et ses équipes craignent un rassemblement tendu, alors que la frange gauche du Labour accuse le gouvernement de ne pas assez soutenir la cause palestinienne ni condamner fermement l’action militaire israélienne à Gaza.
rfi
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